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dimanche, 26 avril 2009
Grand Paris : la « bataille du rail »
MétroPole > Actualités > • 26 avril 2009. Dans quelques jours, le 29 avril, le président de la République dévoilera le tracé exact du métro automatique imaginé par Christian Blanc pour connecter les pôles économiques de l’Île-de-France… et le grand « pôle scientifique » qu’il est question de créer sur le plateau de Saclay.
Dans le même temps, la Région se mobilise pour lancer ses propres projets, réalisables à plus court terme et avec un impact qu’elle espère plus tangible sur le quotidien des Franciliens : prolongement de la ligne 
, du 
, création de cinq nouvelles lignes de tramway d’ici 2013, commande de rames à 2 niveaux pour le 
, etc. Mais dans la liste, seules les réalisations modestes sont réellement lancées : les investissements réellement structurants n’en sont qu’aux études préliminaires. S’ils sont réalisés, ce sera dans une décennie au mieux.
Ces programmes mobiliseront des financements importants (la Région parle de 18 milliards €, le plan « Blanc / Sarkozy » est estimé à 20 milliards €) et sont partiellement concurrents. Au-delà des querelles politiques, la question des transports était pourtant un élément central des réflexions autour du « Grand Paris » débutées l’an dernier, un sujet majeur plaidant en faveur d’une meilleure organisation institutionnelle.
Les dix équipes internationales d’architectes et d’urbanistes qui ont planché un an sur le nouveau visage de la métropole, et qui ont remis leurs travaux au président de la République mi-mars, ont également intégré en bonne place la réorganisation des transports en commun, la création de nouvelles lignes, la restructuration des gares.
Dans une tribune libre, Frédéric Leohnardt, urbaniste qui a participé à cette consultation, défend cette vision des transports en commun comme outil raisonné d’aménagement. Et plaide en faveur de solutions moins spectaculaires et plus pragmatiques, qui tiennent réellement compte des faiblesses du réseau actuel.
En parallèle de la consultation sur le Grand Paris, la crise de la mobilité vécue au quotidien par des millions de voyageurs en Île-de-France nécessite une action urgente en rupture avec les projets et les méthodes actuelles d’investissement en transports en commun.
Le Grand Paris fait tourner les têtes, et les polémiques se multiplient. Faut-il des tours à Paris ? Qui peut enfouir la N 13 à Neuilly ? Quelles limites pour une future entité politique ? Où installer les écopolis chères à Jacques Attali ?
Or l’enjeu est de créer un véritable projet de territoire validé par la Région et l’État, mettant enfin en cohérence leurs multiples guichets, conditionnant les aides aux collectivités aux priorités absolues, construction de logements et cohésion territoriale. C’est ce projet que la réflexion des dix équipes de la consultation internationale doit initier, en produisant « librement » idées, concepts, images pour faire vivre une métropole solidaire, vivante, loin de l’« image-réalité » de jungle urbaine que vivent les Franciliens.
Dans ce Grand Paris pour tous, la mobilité est souvent le chaînon manquant. La question posée est pourtant simple. Comment substituer massivement à la reine automobile des modes de transport économes dans toutes leurs dimensions : énergie, pollution, espace, temps ?
Auto-partage et covoiturage, Vélib’, multimodalité, toutes les (r)évolutions des pratiques, des modes, des fiscalités doivent être mises en œuvre conjointement. Mais le réseau de transport public lourd (métro, RER, train) restera pour longtemps la pierre angulaire de l’accroissement « vertueux » de la mobilité à l’échelle d’une grande métropole.
Malheureusement, les projets réalisés dans les vingt dernières années font douter de cette possibilité ! OrlyVal, Météor (ligne 
), Eole à un degré moindre : les milliards investis ont contribué à rabattre les voyageurs vers le cœur du réseau. Intra-muros, lignes de métro et de RER sont totalement surchargées de voyageurs en « transit ».
Et que veut-on programmer dans les années à venir ?
Le CDG Express, mauvais remake d’OrlyVal, d’un coût de 600 millions d’euros, avec un partenaire privé unique qui dictera ses conditions pour spécialiser une ligne « touristes » ayant comme point d’entrée la gare de l’Est. Pourtant, c’est l’accès à Roissy, pôle d’emploi de plus de 100 000 salariés venant pour la plupart de Seine-St-Denis et du Val-d’Oise, qui est en jeu.
Autre projet dans les cartons, Métrophérique devrait engloutir 6 milliards d’euros en quinze ans pour desservir à 3 km du périphérique des territoires déjà constitués.
Et la Tangentielle Nord, un tram-train à côté de la Grande Ceinture (réservée au fret), doit transporter selon les projections 150 000 personnes entre Sartrouville et Noisy-le-Sec pour 700 millions d’euros dans neuf ans.
L’ampleur des moyens mobilisés, les délais de réalisation et la faiblesse de l’impact attendu nous éloignent d’une révolution de la mobilité.
Comment faire mieux beaucoup plus vite ?
En appliquant les recettes éprouvées des années 1960 et 1970 hors de l’hyper-centre : réutiliser les voies ferrées existantes, sous- ou non-employées en première couronne, et en relier certaines pour créer des nouvelles lignes de RER.
réseau Nord, dédoublons le 
dans Paris en créant un barreau
desservant le parc des Expositions à la porte de Versailles grâce à la Petite Ceinture.
Créons rapidement des lignes en site propre comme le Tvm qui, pour un coût d’investissement faible, irriguent l’ensemble de la première couronne. Utilisons les friches urbaines dans le Val-de-Marne pour fabriquer « Unival », métro automatique, aérien et en tranchée couverte, reliant Noisy-le-Grand à Arcueil.
Le Grand Paris ne pourra se faire qu’au prix d’une révision complète des modèles actuels de conception et de décision en matière de transport public. Le monopole d’expertise des bureaux d’études RATP (trop parisien) et SNCF (focalisé sur la grande vitesse européenne) fabriquent devant des décideurs politiques démunis un amoncellement de projets juxtaposés, et surtout au rapport efficacité/prix douteux. Les arbitrages en matière d’utilisation du souterrain, de priorité du fret par rapport aux voyageurs, de sélection des matériels roulants sont opaques.
Cette révolution du déplacement fondée sur une reconquête du rail comme vecteur de mobilité intensive doit se construire à partir d’un projet de territoire, celui du Grand Paris, définissant les pôles de développement et les axes de déplacement lourds où se programment les grands équipements métropolitains.
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| Tags : grand paris, rer, transports |
dimanche, 19 avril 2009
Victor HUGO Discours contre la MISÈRE - 9 Juillet 1849
Note de l'auteur :
« M. de Melun avait proposé à l'Assemblée législative, au début de ses travaux, de «nommer dans les bureaux une commission de trente membres, pour préparer et examiner les lois relatives à la prévoyance et à l'assistance publique.» Le rapport sur cette proposition fut déposé à la séance du 23 juin 1849. La discussion s'ouvrit le 9 juillet suivant. Victor Hugo prit le premier la parole. Il parla en faveur de la proposition, et demanda que la pensée en fût élargie et étendue. Ce débat fut caractérisé par un incident utile à rappeler. Victor Hugo avait dit : «Je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère.» Son assertion souleva de nombreuses dénégations sur les bancs du côté droit. M. Poujoulat interrompit l'orateur : «C'est une erreur profonde !» s'écria-t-il. Et M. Benoît d'Azy soutint, aux applaudissements de la droite et du centre, qu'il était impossible de faire disparaître la misère. La proposition de M. de Melun fut votée à l'unanimité.
Messieurs, je viens appuyer la proposition de l'honorable M. de Melun. Je commence par déclarer qu'une proposition qui embrasserait l'article 13 de la Constitution tout entier serait une œuvre immense sous laquelle succomberait la commission qui voudrait l'entreprendre ; mais ici, il ne s'agit que de préparer une législation qui organise la prévoyance et l'assistance publique. C'est ainsi que l'honorable rapporteur a entendu la proposition, c'est ainsi que je la comprends moi-même, et c'est à ce titre que je viens l'appuyer.
Qu'on veuille bien me permettre, à propos des questions politiques que soulève cette proposition, quelques mots d'éclaircissement.
Messieurs, j'entends dire à tout instant, et j'ai entendu dire encore tout à l'heure autour de moi, au moment où j'allais monter à cette tribune, qu'il n'y a pas deux manières de rétablir l'ordre. On disait que dans les temps d'anarchie il n'y a de remède souverain que la force ; qu'en dehors de la force tout est vain et stérile, et que la proposition de l'honorable M. de Melun et toutes autres propositions analogues doivent être tenues à l'écart, parce qu'elles ne sont, je répète le mot dont on se servait, que du socialisme déguisé. (Interruption à droite.)
Messieurs, je crois que des paroles de cette nature sont moins dangereuses dites en public, à cette tribune, que murmurées sourdement ; et si je cite ces conversations, c'est que j'espère amener à la tribune, pour s'expliquer, ceux qui ont exprimé les idées que je viens de rapporter. Alors, messieurs, nous pourrons les combattre au grand jour. (Murmures à droite.)
J'ajouterai, messieurs, qu'on allait encore plus loin. (Interruption.)
VOIX A DROITE. – Qui ? qui ? Nommez qui a dit cela !
M. Victor Hugo. – Que ceux qui ont ainsi parlé se nomment eux-mêmes, c'est leur affaire. Qu'ils aient à la tribune le courage de leurs opinions de couloirs et de commissions. Quant à moi, ce n'est pas mon rôle de révéler les noms qui se cachent. Les idées se montrent, je combats les idées ; quand les hommes se montreront, je combattrai les hommes. (Agitation.) Messieurs, vous le savez, les choses qu'on ne dit pas tout haut sont souvent celles qui font le plus de mal. Ici, les paroles publiques sont pour la foule, les paroles secrètes sont pour le vote. Eh bien ! je ne veux pas, moi, de paroles secrètes quand il s'agit de l'avenir du peuple et des lois de mon pays. Les paroles secrètes, je les dévoile ; les influences cachées, je les démasque : c'est mon devoir. (L'agitation redouble.) Je continue donc. Ceux qui parlaient ainsi ajoutaient que « faire espérer au peuple un surcroît de bien-être et une diminution de malaise, c'est promettre l'impossible ; qu'il n'y a rien à faire, en un mot, que ce qui a déjà été fait par tous les gouvernements dans toutes les circonstances semblables ; que tout le reste est déclamation et chimère, et que la répression suffit pour le présent et la compression pour l'avenir.» ( Violents murmures. – De nombreuses interpellations sont adressées à l'orateur par des membres de la droite et du centre, parmi lesquels nous remarquons MM. Denis Benoist et de Dampierre. )
Je suis heureux, messieurs, que mes paroles aient fait éclater une telle unanimité de protestations.
M. LE PRESIDENT. – L'Assemblée a en effet manifesté son sentiment.
Le président n'a rien à ajouter. (Très-bien ! très-bien.)
M. VICTOR HUGO. – Ce n'est pas là ma manière de comprendre le rétablissement de l'ordre… (Interruption à droite.)
UNE VOIX. – Ce n'est la manière de personne.
M. NOËL PARFAIT. – On l'a dit dans mon bureau. (Cris à droite.)
M. DUFOURNEL, à M. Parfait. – Citez, dites qui a parlé ainsi !
M. DE MONTALEMBERT. – Avec la permission de l'honorable M. Victor Hugo, je prends la liberté de déclarer…(Interruption.)
VOIX NOMBREUSES. – A la tribune ! à la tribune !
M. DE MONTALEMBERT, à la tribune. – Je prends la liberté de déclarer que l'assertion de l'honorable M. Victor Hugo est d'autant plus mal fondée que la commission a été unanime pour approuver la proposition de M. de Melun, et la meilleure preuve que j'en puisse donner, c'est qu'elle a choisi pour rapporteur l'auteur même de la proposition. (Très-bien ! très-bien.)
M. VICTOR HUGO. – L'honorable M. de Montalembert répond à ce que je n'ai pas dit. Je n'ai pas dit que la commission n'eût pas été unanime pour adopter la proposition ; j'ai seulement dit, et je le maintiens, que j'avais entendu souvent, et notamment au moment où j'allais monter à la tribune, les paroles auxquelles j'ai fait allusion, et que, comme pour moi les objections occultes sont les plus dangereuses, j'avais le droit et le devoir d'en faire des objections publiques, fût-ce en dépit d'elles-mêmes, afin de pouvoir les mettre à néant. Vous voyez que j'ai eu raison, car dès le premier mot, la honte les prend et elles s'évanouissent. (Bruyantes réclamations à droite. Plusieurs membres interpellent vivement l'orateur au milieu du bruit.)
M. LE PRESIDENT. – L'orateur n'a nommé personne en particulier, mais ces paroles ont quelque chose de personnel pour tout le monde, et je ne puis voir dans l'interruption qui se produit qu'un démenti universel de cette assemblée ; je vous engage à rentrer dans la question même.
M. VICTOR HUGO. – Je n'accepterai le démenti de l'assemblée que lorsqu'il me sera donné par les actes et non par les paroles. Nous verrons si l'avenir me donne tort ; nous verrons si l'on fera autre chose que de la compression et de la répression ; nous verrons si la pensée qu'on désavoue aujourd'hui ne sera pas la politique qu'on arborera demain. En attendant, et dans tous les cas, il me semble que l'unanimité même que je viens de provoquer dans cette assemblée est une chose excellente… (Bruit. – Interruption.)
Eh bien ! messieurs, transportons cette nature d'objections au dehors de cette enceinte, et désintéressons les membres de cette assemblée. Et maintenant, ceci posé, il me sera peut-être permis de dire que, quant à moi, je ne crois pas que le système qui combine la répression avec la compression, et qui s'en tient là, soit l'unique manière, soit la bonne manière de rétablir l'ordre. (Nouveaux murmures.)
J'ai dit que je désintéresse complètement les membres de l'assemblée…(Bruit.)
M. LE PRESIDENT. – L'assemblée est désintéressée ; c'est une objection que l'orateur se fait à lui-même et qu'il va réfuter. (Rires. – Rumeurs.)
M. VICTOR HUGO. – M. le président se trompe. Sur ce point encore j'en appelle à l'avenir. Nous verrons. Du reste, comme ce n'est pas là le moins du monde une objection que je me fais à moi-même, il me suffit d'avoir provoqué la manifestation unanime de l'assemblée, en espérant que l'assemblée s'en souviendra, et je passe à un autre ordre d'idées.
J'entends dire également tous les jours… (Interruption.) Ah ! messieurs, sur ce côté de la question, je ne crains aucune interruption, car vous reconnaîtrez vous-mêmes que c'est là aujourd'hui le grand mot de la situation ; j'entends dire de toutes parts que la société vient encore une fois de vaincre…et qu'il faut profiter de la victoire. (Mouvement.) Messieurs, je ne surprendrai personne dans cette enceinte en disant que c'est aussi là mon sentiment.
Avant le 13 juin, une sorte de tourmente agitait cette assemblée ; votre temps si précieux se perdait en de stériles et dangereuses luttes de paroles ; toutes les questions, les plus sérieuses, les plus fécondes, disparaissaient devant la bataille à chaque instant livrée à la tribune et offerte dans la rue. (C'est vrai !) Aujourd'hui le calme s'est fait, le terrorisme s'est évanoui, la victoire est complète. Il faut en profiter. Oui, il faut en profiter ! Mais savez-vous comment ?
Il faut profiter du silence imposé aux passions anarchiques pour donner la parole aux intérêts populaires. (Sensation.) Il faut profiter de l'ordre reconquis pour relever le travail, pour créer sur une vaste échelle la prévoyance sociale ; pour substituer à l'aumône qui dégrade (Dénégations à droite) l'assistance qui fortifie ; pour fonder de toutes parts, et sous toutes les formes, des établissements de toute nature qui rassurent le malheureux et qui encouragent le travailleur ; pour donner cordialement, en améliorations de toutes sortes, aux classes souffrantes, plus, cent fois plus que leurs faux amis ne leur ont jamais promis ! Voilà comment il faut profiter de la victoire. (Oui ! oui ! Mouvement prolongé.)
Il faut profiter de la disparition de l'esprit de révolution pour faire reparaître l'esprit de progrès ! Il faut profiter du calme pour rétablir la paix, non pas seulement la paix dans les rues, mais la paix véritable, la paix définitive, la paix faite dans les esprits et dans les cœurs ! Il faut, en un mot, que la défaite de la démagogie soit la victoire du peuple ! (Vive adhésion.)
Voilà ce qu'il faut faire de la victoire, et voilà comment il faut en profiter. (Très-bien ! très-bien !)
Et, messieurs, considérez le moment où vous êtes. Depuis dix-huit mois, on a vu le néant de bien des rêves. Les chimères qui étaient dans l'ombre en sont sorties, et le grand jour les a éclairées ; les fausses théories ont été sommées de s'expliquer, les faux systèmes ont été mis au pied du mur ; qu'ont-ils produit ? Rien. Beaucoup d'illusions se sont évanouies dans les masses, et, en s'évanouissant, ont fait crouler les popularités sans base et les haines sans motif. L'éclaircissement vient peu à peu ; le peuple, messieurs, a l'instinct du vrai comme il a l'instinct du juste, et, dès qu'il s'apaise, le peuple est le bon sens même ; la lumière pénètre dans son esprit ; en même temps la fraternité pratique, la fraternité qu'on ne décrète pas, la fraternité qu'on n'écrit pas sur les murs, la fraternité qui naît du fond des choses et de l'identité réelle des destinées humaines, commence à germer dans toutes les âmes, dans l'âme du riche comme dans l'âme du pauvre ; partout, en haut, en bas, on se penche les uns vers les autres avec cette inexprimable soif de concorde qui marque la fin des dissensions civiles. (Oui ! oui !) La société veut se remettre en marche après cette halte au bord d'un abîme. Eh bien ! messieurs, jamais, jamais moment ne fut plus propice, mieux choisi, plus clairement indiqué par la Providence pour accomplir, après tant de colères et de malentendus, la grande œuvre qui est votre mission, et qui peut, tout entière, s'exprimer dans un seul mot : Réconciliation. (Sensation prolongée.)
Messieurs, la proposition de M. de Melun va droit à ce but.
Voilà, selon moi, le sens vrai et complet de cette proposition, qui peut, du reste, être modifiée en bien et perfectionnée.
Donner à cette assemblée pour objet principal l'étude du sort des classes souffrantes, c'est-à-dire le grand et obscur problème posé par Février, environner cette étude de solennité, tirer de cette étude approfondie toutes les améliorations pratiques et possibles ; substituer une grande et unique commission de l'assistance et de la prévoyance publique à toutes les commissions secondaires qui ne voient que le détail et auxquelles l'ensemble échappe ; placer cette commission très-haut, de manière à ce qu'on l'aperçoive du pays entier (Mouvement) ; réunir les lumières éparses, les expériences disséminées, les efforts divergents, les dévouements, les documents, les recherches partielles, les enquêtes locales, toutes les bonnes volontés en travail, et leur créer ici un centre, un centre où aboutiront toutes les idées et d'où rayonneront toutes les solutions ; faire sortir pièce à pièce, loi à loi, mais avec ensemble, avec maturité, des travaux de la législature actuelle le code coordonné et complet, le grand code chrétien de la prévoyance et de l'assistance publique ; en un mot, étouffer les chimères d'un certain socialisme sous les réalités de l'Evangile (Vive approbation) ; voilà, messieurs, le but de la proposition de M. de Melun, voilà pourquoi je l'appuie énergiquement. (M. de Melun fait un signe d'adhésion à l'orateur.)
Je viens de dire : les chimères d'un certain socialisme, et je ne veux rien retirer de cette expression, qui n'est pas même sévère, qui n'est que juste. Messieurs, expliquons-nous cependant. Est-ce à dire que, dans cet amas de notions confuses, d'aspirations obscures, d'illusions inouïes, d'instincts irréfléchis, de formules incorrectes, qu'on désigne sous ce nom vague et d'ailleurs fort peu compris de socialisme, il n'y ait rien de vrai, absolument rien de vrai ?
Messieurs, s'il n'y avait rien de vrai, il n'y aurait aucun danger. La société pourrait dédaigner et attendre. Pour que l'imposture ou l'erreur soient dangereuses, pour qu'elles pénètrent dans les masses, pour qu'elles puissent percer jusqu'au cœur même de la société, il faut qu'elles se fassent une arme d'une partie quelconque de la réalité. La vérité ajustée aux erreurs, voilà le péril. En pareille matière, la quantité de danger se mesure à la quantité de vérité contenue dans les chimères. (Mouvement.)
Eh bien ! messieurs, disons-le, et disons-le précisément pour trouver le remède, il y a au fond du socialisme une partie des réalités douloureuses de notre temps et de tous les temps (Chuchotements) ; il y a le malaise éternel propre à l'infirmité humaine ; il y a l'aspiration à un sort meilleur, qui n'est pas moins naturelle à l'homme, mais qui se trompe souvent de route en cherchant dans ce monde ce qui ne peut être trouvé que dans l'autre. (Vive et unanime adhésion.) Il y a des détresses très-vives, très-vraies, très-poignantes, très-guérissables. Il y a enfin, et ceci est tout à fait propre à notre temps, il y a cette attitude nouvelle donnée à l'homme par nos révolutions, qui ont constaté si hautement et placé si haut la dignité humaine et la souveraineté populaire, de sorte que l'homme du peuple aujourd'hui souffre avec le sentiment double et contradictoire de sa misère résultant du fait et de sa grandeur résultant du droit. (Profonde sensation.)
C'est tout cela, messieurs, qui est dans le socialisme, c'est tout cela qui s'y mêle aux passions mauvaises, c'est tout cela qui en fait la force, c'est tout cela qu'il faut en ôter.VOIX NOMBREUSES. – Comment ?
M. VICTOR HUGO. – En éclairant ce qui est faux, en satisfaisant ce qui est juste. (C'est vrai !) Une fois cette opération faite, faite consciencieusement, loyalement, honnêtement, ce que vous redoutez dans le socialisme disparaît. En lui retirant ce qu'il a de vrai, vous lui retirez ce qu'il a de dangereux. Ce n'est plus qu'un informe nuage d'erreurs que le premier souffle emportera. (Mouvements en sens divers.)
Trouvez bon, messieurs, que je complète ma pensée. Je vois à l'agitation de l'assemblée que je ne suis pas pleinement compris. La question qui s'agite est grave. C'est la plus grave de toutes celles qui peuvent être traitées devant vous.
Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. (Réclamation. – Violentes dénégations à droite.)
Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. (Nouveaux murmures à droite.) La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. (Oui ! oui ! à gauche.) Détruire la misère ! oui, cela est possible. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli. (Sensation universelle.)
La misère, messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ?
Voulez-vous des faits ? Il y a dans Paris…(L'orateur s'interrompt.)
Mon Dieu, je n'hésite pas à les citer, ces faits. Ils sont tristes, mais nécessaires à révéler ; et tenez, s'il faut dire toute ma pensée, je voudrais qu'il sortît de cette assemblée, et au besoin j'en ferai la proposition formelle, une grande et solennelle enquête sur la situation vraie des classes laborieuses et souffrantes en France. Je voudrais que tous les faits éclatassent au grand jour. Comment veut-on guérir le mal si l'on ne sonde pas les plaies ? (Très-bien ! très-bien !)
Voici donc ces faits :
Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, j'ai presque dit pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures humaines s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver. (Mouvement.)
Voilà un fait. En voici d'autres : Ces jours derniers, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n'épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles, un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre, et l'on a constaté, après sa mort, qu'il n'avait pas mangé depuis six jours. (Longue interruption.) Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ? Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra, on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Mont-faucon ! (Sensation.)
Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ; je dis que la société doit dépenser toute sa force, toute sa sollicitude, toute son intelligence, toute sa volonté, pour que de telles choses ne soient pas ! Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ; que je m'en sens, moi, qui parle, complice et solidaire (Mouvement), et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l'homme, que ce sont des crimes envers Dieu ! (Sensation prolongée.)
Voilà pourquoi je suis pénétré, voilà pourquoi je voudrais pénétrer tous ceux qui m'écoutent de la haute importance de la proposition qui vous est soumise. Ce n'est qu'un premier pas, mais il est décisif. Je voudrais que cette assemblée, majorité et minorité, n'importe, je ne connais pas, moi, de majorité et de minorité en de telles questions ; je voudrais que cette assemblée n'eût qu'une seule âme pour marcher à ce grand but magnifique, à ce but sublime, l'abolition de la misère ! (Bravo ! – Applaudissements.)
Et, messieurs, je ne m'adresse pas seulement à votre générosité, je m'adresse à ce qu'il y a de plus sérieux dans le sentiment politique d'une assemblée de législateurs ! Et, à ce sujet, un dernier mot : je terminerai par là.
Messieurs, comme je vous le disais tout à l'heure, vous venez, avec le concours de la garde nationale, de l'armée et de toutes les forces vives du pays, vous venez de raffermir l'Etat ébranlé encore une fois. Vous n'avez reculé devant aucun péril, vous n'avez hésité devant aucun devoir. Vous avez sauvé la société régulière, le gouvernement légal, les institutions, la paix publique, la civilisation même. Vous avez fait une chose considérable… Eh bien ! vous n'avez rien fait ! (Mouvement.)
Vous n'avez rien fait, j'insiste sur ce point, tant que l'ordre matériel raffermi n'a point pour base l'ordre moral consolidé ! (Très-bien ! très-bien ! – Vive et unanime adhésion.) Vous n'avez rien fait tant que le peuple souffre ! (Bravos à gauche.) Vous n'avez rien fait tant qu'il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! Vous n'avez rien fait, tant que ceux qui sont dans la force de l'âge et qui travaillent peuvent être sans pain ! tant que ceux qui sont vieux et qui ont travaillé peuvent être sans asile ! tant que l'usure dévore nos campagnes, tant qu'on meurt de faim dans nos villes (Mouvement prolongé), tant qu'il n'y a pas des lois fraternelles, des lois évangéliques qui viennent de toutes parts en aide aux pauvres familles honnêtes, aux bons paysans, aux bons ouvriers, aux gens de cœur ! (Acclamation.) Vous n'avez rien fait, tant que l'esprit de révolution a pour auxiliaire la souffrance publique ! vous n'avez rien fait, rien fait, tant que dans cette œuvre de destruction et de ténèbres, qui se continue souterrainement, l'homme méchant a pour collaborateur fatal l'homme malheureux. !
Vous le voyez, messieurs, je le répète en terminant, ce n'est pas seulement à votre générosité que je m'adresse, c'est à votre sagesse, et je vous conjure d'y réfléchir. Messieurs, songez-y, c'est l'anarchie qui ouvre les abîmes, mais c'est la misère qui les creuse. (C'est vrai ! c'est vrai !) Vous avez fait des lois contre l'anarchie, faites maintenant des lois contre la misère ! (Mouvement prolongé sur tous les bancs. - L'orateur descend de la tribune et reçoit les félicitations de ses collègues.) »
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| Tags : v. hugo, discours sur la misère. |
Deux nécropoles mérovingienne et carolingienne découvertes à Noisy-le-Grand
13/ 03/ 09 - Deux vastes nécropoles mérovingienne et carolingienne (Ve-Xe siècles) bien conservées, d'environ 600 sépultures au total, découvertes à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis).
Les vestiges sont depuis novembre 2008 progressivement mis au jour à l'occasion de fouilles préventives menées avant la construction de deux immeubles d'habitation.
Il s'agit selon l'Inrap (l'Institut national de recherches archéologiques préventives) d'une découverte "importante en nombre et rare", qui plus est en plein coeur de ville.
Avec plus de 300 sépultures mérovingiennes et presque autant de l'ère carolingienne, "l'on a rarement autant de séquences chronologiques au même endroit, cela permet de comparer les pratiques funéraires", explique à l'AFP Cyrille Le Forestier, archéo-anthropologue à l'Inrap Centre-Ile-de-France.
En outre, "en bonne état de conservation", les sépultures mérovingiennes "n'ont pas été pillées" et "sont habillées", souligne-t-il.
Enterrés dans des sarcophages de plâtre caractéristiques de la période mérovingienne (Ve-VIIe siècle), les défunts sont parés de colliers de perles, de boucles d'oreille, de fibules (épingles) et de plaques-boucles (ceintures).
Au-dessus, la nécropole carolingienne (VIIIe-Xe siècle) marque l'évolution des pratiques funéraires imposée par l'Eglise, qui édicte alors la règle de l'humilité face à Dieu. Sans aucun apparat, les corps enveloppés d'un simple linceul sont inhumés en pleine terre, dans de simples fosses.
La Seine-Saint-Denis compte déjà plusieurs sites funéraires parmi les plus riches d'Ile-de-France (Bondy) et d'Europe (nécropole gauloise de Bobigny).
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| Tags : nécropole mérovingienne, carolingienne |
L’histoire médiévale sort de terre au Val-d’Europe.
Etre une ville nouvelle n’empêche pas d’avoir une histoire. Occupé depuis l’antiquité, le territoire du Val-d’Europe révèle régulièrement des traces de ce passé enfoui, à la faveur des nombreux chantiers de construction qui fleurissent dans l’agglomération (notre encadré) . A Bailly-Romainvilliers des fouilles préventives, menées par l’ Inrap* avant la construction de nouveaux entrepôts sur la zone d’activités du Prieuré, ont mis au jour un site archéologique très prometteur.
« Lors des précédentes fouilles nous croyions bien être déjà tombés sur le prieuré », reconnaît Erwan Bergot. Une certitude rapidement mise à mal par l’analyse du site. A commencer par « la structure du bâtiment et la présence d’un puits à proximité, qui évoquait plutôt un lieu de vie qu’un lieu de culte ». Un diagnostic confirmé par l’examen des sépultures. « On a retrouvé des ossements d’hommes et de femmes, qui portaient les traces de nombreuses pathologies, explique l’archéologue. Dès lors, nous avons compris qu’il s’agissait d’un hospice de malades, certainement placé sous la protection du prieuré voisin. » Pourtant, la science n’a pas encore résolu toutes les énigmes du lieu.
A commencer par un étrange sarcophage, retrouvé au milieu des ruines d’une ancienne chapelle. A l’intérieur de la tombe, la présence d’une cloche en bronze « semblait indiquer la sépulture d’un dignitaire ecclésiastique ». Mais l’analyse du squelette révèle finalement qu’il s’agit… d’une femme ! Très grande, « probablement d’un âge avancé », l’occupante du caveau n’a pas pu être identifiée à ce jour. « Tout ce qu’on sait, c’est qu’il s’agit d’une personne importante, probablement une sainte locale », avance Erwan Bergot, qui compte bien pousser plus avant ses recherches sur la mystérieuse dame à la cloche… dès que son équipe aura fini de fouiller le sol de la ZAC du Prieuré.
* Institut national de recherches archéologiques préventives. - LE PARISIEN.
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Kahn, l'anti-Sarko.
On ne peut pas être plus différent de Sarkozy. Autoportrait de Jean-François Kahn, candidat aux européennes: "Je suis en tout point opposé à ce président : j'aime le vin et le fromage qui pue, Chirac m'est sympathique, je suis radicalement étranger au bling-bling, je ne me regarde pas à la télévision. Et je déteste la gauche caviar." La chanson française, tout de même?
L'amateur d'opéras et d'opérettes balaie: "Sarkozy aime Mireille Mathieu, moi Léo Ferré." Reste peut-être le Tour de France, mais ça ne suffit pas... Et le chef de file du Modem dans la circonscription de l'Est sonne la charge: "On va faire un petit jeu, lance-t-il aux 250 personnes venues l'écouter jeudi dernier à Pont-à-Mousson. Je vous donne 30 secondes pour citer une très grande réforme de Sarkozy." Kahn, au fil des réunions, brocarde le "mépris qu'a Sarkozy pour son propre camp" et il rappelle que le Président posait en photo avec Bush, et nomme lui-même les patrons de l'audiovisuel public: "Qu'on m'explique la différence avec Poutine!"
Poutine? Ça peut vexer. JFK raconte avec gourmandise une colère rapportée de son adversaire. "Un jour, avant la présidentielle, Nicolas Sarkozy a dit à deux de mes journalistes: "Vous voulez savoir ce qu'est un journal de fascistes et d'enculés? C'est Marianne et Jean-François Kahn!" Je lui ai renvoyé une lettre en lui demandant comment il savait pour "enculé" !"
Sarkozy dépeint en "populiste bonapartiste"
Dans le combat, JFK est constant. Dès 2004, il s'interrogeait dans Marianne: "Sarkozy est-il fou ?" A l'été 2005, son journal invitait des psys à analyser le ministre de l'Intérieur. "Il a été le premier à mettre au jour les failles psychologiques, la fringale de pouvoir personnel, les amis patrons du CAC 40", estime Maurice Szafran, directeur de Marianne. A la veille de la présidentielle, l'hedomadaire devenait un organe de combat. Un numéro spécial, "Le Vrai Sarkozy", écrit par le patron, dépeignait le candidat en "populiste bonapartiste". "Même dans la rédaction, on m'a reproché de trop insister sur la psychologie de Sarkozy." Vendu à plus de 400.000 exemplaires, l'hebdo s'installe en organe central des antisarkozystes. En février 2008, c'est encore Kahn qui lance un "appel à la vigilance républicaine" signé par Bayrou, Villepin et Royal: un front de libération contre un président surnommé le "petit César"?
François Bayrou: "Nous marchons du même pas"
Mis à part ça, Kahn ne fait pas campagne contre Sarkozy, "qui n'est pas responsable de la crise". JFK aime aussi la politique pour elle-même. Il prône le "licenciement" de Barroso, un grand emprunt patriotique, une taxe sur les flux financiers variables. Il attaque la gauche comme la droite au nom du "centrisme révolutionnaire", l'idéologie "kahnienne" depuis trente ans, à nouveau expliquée dans un livre, L'Alternative, qui paraît mercredi (Fayard). Son programme? "Une société qui ne mettra au centre ni l'Etat ni le profit mais l'homme."
On croirait du Bayrou? "Le discours de Bayrou pour lancer la campagne européenne, c'était 100% kahnien !", sourit-on à Marianne. "Nous marchons du même pas. Il n'y en a pas un qui soit le gourou ou le nègre de l'autre", corrige Bayrou, qui publie, le 30 avril, Abus de pouvoir (Plon), contre Sarkozy.
Kahn n'a pas sa carte du Modem. Mais il a franchi le pas qui sépare le commentaire engagé de l'action. En 1967, il refusait une proposition de Mitterrand de se présenter à Bron aux législatives. Aux européennes de 1984, juste avant de créer L'Evénement du Jeudi, il soutenait la liste écolo-centriste ERE. "Dans la famille, on se demandait quand il se déciderait, se réjouit son frère Axel. Aujourd'hui, il s'éclate." Avec Kahn, même la visite d'une entreprise de comté est un acte militant: "Défendre le fromage au lait cru, c'est fondamental. Imposer la pasteurisation, cela ressemble à la pensée unique!", s'insurge le septuagénaire, une Heineken à la main. Parfois, la fatigue affleure. Mais au micro, il serre les poings, postillonne, se passionne. Il n'a toujours pas le permis de conduiremais il a acheté un portable.
Le Journal Du Dimanche en version PDF sur leJDD.fr
http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200916/kahn-l-anti-sark...
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samedi, 18 avril 2009
Les droits d'expression et d'amendement des assemblées locales.
Le souci d'organiser les débats des assemblées locales, dont les ordres du jour ont une forte propension à s'allonger, conduit souvent les élus locaux à introduire au règlement intérieur des assemblées locales des dispositions destinées à limiter le temps de parole des conseillers et à mettre en place des procédures encadrant le droit d'amender les projets de délibération en cours de séance.
La jurisprudence récente a donc été amenée, à l'occasion de requêtes contestant de telles mesures, à esquisser les contours d'un cadre juridique de ces droits.
1. Le droit d'amendement :
C'est par un arrêt du 12 février 1998 Tavernier (n° 96PA01170) rendu en assemblée plénière que la Cour administrative d'appel de Paris a consacré l'existence d'un droit d'amendement des assemblées locales (en l'occurrence un conseil général) inhérent à leur pouvoir délibérant et a précisé que s'il était possible aux assemblées locales de réglementer ce droit, ce n'était que sous réserve de ne pas porter atteinte à son exercice effectif.
En l'espèce, le conseil général de l'Essonne avait subordonné la recevabilité des amendements à leur dépôt préalable en commission. Après avoir relevé qu'une telle règle avait pour effet de rendre irrecevable tout amendement soumis directement au conseil général lors d'une séance, la Cour a estimé qu'elle portait une atteinte excessive à l'exercice du droit d'amendement.
Plus récemment, mais dans le même sens, le Tribunal administratif de Marseille, par un jugement du 17 mai 2005 M. Christian Caroz et autres (n° 0107505) publié au BJCL n° 7/05 p. 440 avec les conclusions de M. Fédou commissaire du gouvernement, a décidé que la disposition imposant la soumission au maire de tout amendement plusieurs jours avant la séance avait pour effet de rendre irrecevable tout amendement soumis directement en séance et portait ainsi une atteinte excessive à l'exercice effectif du droit d'amendement.
2. Le droit d'expression :
C'est un droit régulièrement consacré par la jurisprudence, qui se fonde sur les dispositions du Code général des collectivités territoriales. On peut se référer par exemple à l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Versailles du 30 décembre 2004 Commune de Taverny n° 02VE02420 qui a jugé ceci :
"Considérant qu'il résulte des dispositions des articles 2121-7 et suivants du code général de collectivités territoriales, et notamment des articles L. 2121-29 et L. 2121-12 précités de ce code, que les conseillers municipaux ont un droit à l'expression pour les affaires inscrites avec débat à l'ordre du jour du conseil municipal ;"
Ce qui a permis à la Cour de juger que :
"en limitant à six minutes le temps de parole total des conseillers municipaux s'agissant de ces affaires, sauf en ce qui concerne le rapporteur, le maire et l'adjoint compétent, le conseil municipal de la COMMUNE DE TAVERNY a méconnu le droit à l'expression des conseillers municipaux ;"
Le Tribunal administratif de Marseille, dans le jugement précité, a statué dans le même sens à propos d'un règlement limitant à trois minutes les explications de vote lors des séances de conseil municipal.
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| Tags : opposition, droit d'amendement |
Le chocolat dans tous ses états...
Exposition. Si pour vous, chocolat et cacao ne servent qu’à vous régaler, vous êtes loin du compte. L’exposition Choc… oh la la ! qui a démarré mardi vous invite, quel que soit votre âge, à découvrir les usages alternatifs du chocolat. Cosmétiques, vêtements, bijoux, accessoires, vaisselle, chants, danse… imprégnez-vous des mille et une manières de profiter de cette denrée extraordinaire ! De plus, des animations réservées aux enfants auront lieu les mercredis 8, 15, 22 et 29 avril à 15 heures.
Jusqu’au 2 mai en mairie annexe. Entrée libre. Réservation obligatoire pour les animations réservées aux enfants (3 €) par personne. Renseignements et réservations : 01.60.05.15.50 ou sur le site www.ville-noisiel.fr et patrimoine_mairie-noisiel.fr.
(le Parisien)
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| Tags : chocolat, exposition, noisiel |
vendredi, 17 avril 2009
Exposition : Le Val-Maubuée parmi les arbres, de Patrick Bonjour
Le hall de la mairie de Champs-sur-Marne sera, au mois de mai, une étape de l’exposition itinérante de Patrick Bonjour, Le Val-Maubuée parmi les arbres.
Illustrateur de presse et auteur d’albums pour enfants, il a sillonné, armé d’un carnet et d’un stylo bic, les 6 communes du Val-Maubuée à la recherche de lieux de poésie (sculptures, monuments, détails d’architecture). De retour chez lui, il retravaille ses croquis sur ordinateur. Il crée ainsi des illustrations de notre patrimoine naturel et architectural, devant lesquels nous pouvons passer sans même les apercevoir, qui s’apparentent à des gravures.
L’auteur s‘étant promené dans tout le Val-Maubuée, l’expostion, organisée par le SAN, est itinérante :
- du 8 au 10 avril : hall du SAN à Torcy
- du 13 au 24 avril : piscine d’Emery à Emerainville
- du 24 avril au 14 mai : médiathèque George-Sand à Croissy-Beaubourg
- du 15 au 29 mai : hall de la mairie de Champs-sur-Marne
- du 2 au 11 juin : médiathèque de l’Arche Guédon à Torcy
- du 12 au 26 juin : hall de la mairie de Lognes
- du 12 au 30 septembre : hall de la mairie annexe de Noisiel
Posté par Isabelle le Jeudi 9 avril 2009
http://lecampesien.com/exposition-val-maubuee-parmi-arbre...
11:21 Publié dans La culture. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : exposition, val mabué, patrick bonjour |
mardi, 14 avril 2009
Se méfier des banquiers....
“Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat.
Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession, jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise.”
C'était en 1802, Thomas Jefferson était Président des Etats Unis, et on aurait dû l'écouter et s'en souvenir...
11:47 Publié dans Demain, la politique. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : thomas jefferson, crise économique, banquiers |
lundi, 13 avril 2009
NOISIEL : PROMENADE Autour de la chocolaterie Menier.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, une usine peut être le cadre d'une agréable balade au vert. Construite à cheval sur un bras de la Marne, juste à côté du grand parc de Noisiel, l'ancienne chocolaterie Menier attire de plus en plus de promeneurs. Restaurée à la fin des années 1990 par Nestlé-France, qui en a fait son siège social, elle a retrouvé ses couleurs du xixe siècle. L'île-usine abrite un moulin au décor de brique et de céramique particulièrement raffiné ainsi qu'une cathédrale en béton armé et une passerelle surnommée le « pont Hardi ». On s'y rend par un petit pont depuis le chemin de la Rivière. C'est ensuite un vrai plaisir de prolonger cette balade par les bords de Marne. Vous longez le parc de Noisiel avant de franchir à 1,5 km, une passerelle flottante qui mène à la base nautique de Vaires. Attention, elle n'est accessible que de mai à novembre. Une fois sur l'autre rive, revenez vers la chocolaterie. Vous la découvrez sous un nouveau jour. Pour rentrer, le mieux est de regagner la passerelle en longeant l'étang de la base nautique.
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