dimanche, 19 avril 2009

L’histoire médiévale sort de terre au Val-d’Europe.

Etre une ville nouvelle n’empêche pas d’avoir une histoire. Occupé depuis l’antiquité, le territoire du Val-d’Europe révèle régulièrement des traces de ce passé enfoui, à la faveur des nombreux chantiers de construction qui fleurissent dans l’agglomération (notre encadré) . A Bailly-Romainvilliers des fouilles préventives, menées par l’ Inrap* avant la construction de nouveaux entrepôts sur la zone d’activités du Prieuré, ont mis au jour un site archéologique très prometteur.

Les restes d’un ancien hospice et plus de soixante sépultures datant du haut Moyen Age sont déjà sortis de terre. Une première découverte qui laisse présager une moisson encore plus importante. Selon Erwan Bergot, l’archéologue responsable du chantier, une deuxième campagne de fouilles l’automne prochain « pourrait mettre au jour le prieuré » de Bailly-Romainvilliers. Jusqu’à présent l’ancien établissement religeux qui a donné son nom à la ZAC de Bailly n’a jamais été localisé précisément.
« Lors des précédentes fouilles nous croyions bien être déjà tombés sur le prieuré », reconnaît Erwan Bergot. Une certitude rapidement mise à mal par l’analyse du site. A commencer par « la structure du bâtiment et la présence d’un puits à proximité, qui évoquait plutôt un lieu de vie qu’un lieu de culte ». Un diagnostic confirmé par l’examen des sépultures. « On a retrouvé des ossements d’hommes et de femmes, qui portaient les traces de nombreuses pathologies, explique l’archéologue. Dès lors, nous avons compris qu’il s’agissait d’un hospice de malades, certainement placé sous la protection du prieuré voisin. » Pourtant, la science n’a pas encore résolu toutes les énigmes du lieu.
A commencer par un étrange sarcophage, retrouvé au milieu des ruines d’une ancienne chapelle. A l’intérieur de la tombe, la présence d’une cloche en bronze « semblait indiquer la sépulture d’un dignitaire ecclésiastique ». Mais l’analyse du squelette révèle finalement qu’il s’agit… d’une femme ! Très grande, « probablement d’un âge avancé », l’occupante du caveau n’a pas pu être identifiée à ce jour. « Tout ce qu’on sait, c’est qu’il s’agit d’une personne importante, probablement une sainte locale », avance Erwan Bergot, qui compte bien pousser plus avant ses recherches sur la mystérieuse dame à la cloche… dès que son équipe aura fini de fouiller le sol de la ZAC du Prieuré.
* Institut national de recherches archéologiques préventives.  - LE PARISIEN.

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